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Bénin–AES : depuis l'investiture de Romuald Wadagni, les signes d'un possible dégel avec le Niger, le Mali et le Burkina

La présence de délégations du Niger, du Mali et du Burkina Faso à l'investiture de Romuald Wadagni a ouvert une fenêtre de dialogue entre Cotonou et l'Alliance des États du Sahel. Frontière, port, pipeline : les enjeux d'un rapprochement encore fragile.

Publié le 11 octobre 2026 à 20h41 · BOSAKA OFFICE · 💬 Commentaires
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Entre le Bénin et les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) – Niger, Mali et Burkina Faso –, les relations sont tendues depuis 2023. L'arrivée au pouvoir de Romuald Wadagni a toutefois fait naître l'espoir d'un nouveau départ. Retour sur les signaux observés et sur les enjeux d'un éventuel rapprochement.

Un signal fort lors de l'investiture

Le dimanche 24 mai 2026, à Cotonou, les trois pays de l'AES étaient représentés à la cérémonie d'investiture du nouveau président béninois :

  • le Niger, par son Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine ;
  • le Mali, par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop ;
  • le Burkina Faso, par le ministre des Affaires étrangères Karamoko Jean-Marie Traoré.

Une présence qui n'allait pas de soi : plusieurs observateurs rappellent que des pays de l'AES avaient décliné des invitations béninoises par le passé. En marge de la cérémonie, le président Wadagni a reçu le chef de la diplomatie malienne, qui a réaffirmé la volonté de Bamako de renforcer la coopération bilatérale sur la base du respect de la souveraineté de chaque État.

Dans son discours, Romuald Wadagni a annoncé une attention particulière à l'approfondissement de la coopération régionale et réitéré la disponibilité du Bénin à agir avec les pays de l'AES contre l'extrémisme violent, estimant que les pays de la sous-région sont « condamnés à travailler ensemble ».

Trois ans de tensions

La crise remonte au coup d'État du 26 juillet 2023 au Niger. Après les sanctions décidées par la CEDEAO, Niamey a fermé sa frontière avec le Bénin à partir de septembre 2023, accusant Cotonou d'abriter des forces françaises, ce que le Bénin a toujours démenti. Malgré la levée de plusieurs sanctions de la CEDEAO en février 2024, la relation bilatérale ne s'est pas normalisée. Début 2026 encore, des expulsions de diplomates ont eu lieu de part et d'autre.

Des enjeux économiques considérables

  • Le port de Cotonou : une partie des flux nigériens a été détournée vers le port de Lomé, au Togo, obligeant les transporteurs à des trajets plus longs et plus exposés à l'insécurité.
  • Le pipeline Niger–Bénin : l'oléoduc d'environ 2 000 km qui achemine le pétrole nigérien jusqu'à Sèmè-Kpodji est au cœur des différends, les opérations de chargement ayant été perturbées par la crise.
  • La frontière : sa fermeture pèse lourdement sur les commerçants et les populations des deux côtés.

Un rapprochement encore à concrétiser

Les analystes s'accordent sur un point : la présence des délégations sahéliennes à Cotonou constitue une fenêtre de dialogue, pas encore une normalisation. Sécurité dans le nord du Bénin, réouverture de la frontière, reprise normale du transit et du pétrole : les prochains mois diront si les signaux se traduisent en actes.

Pour le Bénin, membre de la CEDEAO et voisin direct du Niger et du Burkina Faso, l'enjeu est de taille : renouer avec ses voisins sahéliens sans rompre avec ses partenaires régionaux.

Sources : Cadre Co Media · Studio Kalangou · Bénin Web TV · L'Économiste du Mali


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